Le cycle rassemble trois sonnets composés en mémoire de l'amour disparu de la poétesse, dont le suicide bouleverse profondément son existence et donne naissance à des poèmes d'une intensité douloureuse et d'une puissance émotionnelle rares. Mistral y déploie déjà, dans ces premiers grands poèmes, la chaleur de sentiment et la langue directe qui caractériseront l'ensemble de sa poésie ultérieure, transformant un deuil personnel en une expression littéraire d'une portée universelle qui touche immédiatement le public latino-américain.
Le cycle fait connaître Mistral dans toute l'Amérique latine dès sa publication, remportant un prix chilien et installant durablement le pseudonyme sous lequel elle sera désormais reconnue, huit ans avant la publication de son premier grand recueil, Désolation.
Le cycle demeure le texte fondateur de la réputation de Mistral, son intensité émotionnelle née d'un deuil personnel continuant d'être étudiée comme le point de départ de toute une carrière poétique consacrée à l'expression des sentiments les plus puissants.