Le cycle de cinquante-cinq sonnets, dédiés à la figure mythologique d'Orphée, symbole de la puissance de la poésie et de la musique, compose une méditation sur le chant, la métamorphose et la capacité de l'art à transcender la mort. Rilke y déploie une forme classique, le sonnet, mise au service d'une pensée résolument moderne sur la fonction du poète, chaque pièce du cycle explorant une facette différente de cette même conviction que le chant orphique peut réconcilier les vivants et les morts.
Le cycle est très apprécié pour sa beauté et sa profondeur, considéré comme un pendant lumineux aux Élégies de Duino, achevées la même année, les deux œuvres étant depuis systématiquement rapprochées comme les sommets jumeaux de la maturité poétique de Rilke.
Le cycle demeure l'un des sommets de la poésie de Rilke, sa méditation sur le chant et la métamorphose continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites formelles de la poésie de langue allemande du XXe siècle.