Le poème s'ouvre sur l'image du narrateur assis dans un bar de la 52e rue de New York, incertain et effrayé alors que les espoirs de la décennie précédente s'effondrent, avant d'élargir la méditation à une réflexion sur le mensonge collectif des idéologies et sur la nécessité impérieuse de la solidarité humaine face à la catastrophe. Cette tension entre l'intime, le narrateur isolé dans un bar new-yorkais, et l'histoire mondiale qui bascule, donne au texte une portée universelle qui dépasse le contexte précis de sa composition, malgré les réserves ultérieures d'Auden lui-même sur certains de ses effets rhétoriques.
Le poème connaît une popularité récurrente lors des grandes crises historiques, notamment après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, où ses vers sont massivement cités et republiés malgré le rejet exprimé par Auden de son vivant.
September 1, 1939 demeure l'un des poèmes de langue anglaise les plus convoqués en temps de crise collective, sa formule sur la nécessité de s'aimer les uns les autres ou de mourir continuant de résonner bien au-delà du contexte de 1939 qui l'a vu naître.