Le roman est raconté à la première personne par un garçon de sept ans, dont les parents meurent dans un accident de voiture et qui est recueilli par sa grand-mère norvégienne. Celle-ci lui apprend à reconnaître les sorcières : elles portent des perruques et des gants pour dissimuler leur crâne chauve et leurs griffes. Le récit passe ensuite à un hôtel de Bournemouth, où se tient une réunion de sorcières anglaises.
L'ouvrage est divisé en chapitres courts, rythmés par l'action. La première partie établit les règles de ce monde de façon presque didactique, la seconde met ces règles à l'épreuve dans l'hôtel. Le narrateur s'adresse parfois au lecteur, et Quentin Blake illustre les personnages avec un trait mobile qui accentue le grotesque.
Le livre est bien reçu par le public, mais son accueil critique est partagé : certains critiques jugent l'histoire trop effrayante pour des enfants sensibles. Aux États-Unis, il figure parmi les 100 livres les plus contestés de 1990 à 1999 selon l'American Library Association. Il a pourtant reçu le prix Whitbread en 1983.
L'adaptation de Nicolas Roeg (1990), avec Anjelica Huston, a été suivie de celle de Robert Zemeckis (2020) transpose l'action dans l'Alabama de 1968. Une adaptation scénique a été présentée au National Theatre en 2023. La même année, le livre a figuré dans le débat sur les modifications de vocabulaire introduites par Puffin dans les textes de Dahl.
Le livre compte parce qu'il ne cherche pas à rassurer à tout prix : il fait confiance à l'enfant, capable de supporter la peur et d'y répondre par l'astuce et la solidarité. La relation entre le garçon et sa grand-mère, qui mêle tendresse et franc-parler, est l'un des couples les plus touchants de l'auteur. Plus sombre que Matilda, il illustre bien la manière dont Dahl traite les adultes comme des menaces concrètes et les enfants comme des alliés.