Dmitri Roudine, intellectuel brillant nourri de philosophie allemande, séduit par son éloquence un salon de province tout entier, y compris la jeune Natalia qui tombe amoureuse de lui, avant que sa nature profondément incapable de traduire ses idées en actions concrètes ne se révèle et ne provoque sa chute sociale. Le roman rejoint ainsi la longue lignée littéraire de « l'homme de trop », cette figure typiquement russe de l'intellectuel brillant mais inutile, avant qu'un épilogue inattendu ne fasse mourir Roudine, des années plus tard, sur une barricade parisienne lors des journées de juin 1848.
Le roman installe d'emblée Tourgueniev comme une voix majeure du roman russe naissant, sa réflexion sur l'échec de l'engagement personnel trouvant un écho particulier auprès d'une génération d'intellectuels russes en quête de sens face à l'autocratie tsariste.
Le roman demeure une référence essentielle pour comprendre la figure littéraire russe de « l'homme de trop », dont Roudine offre l'une des incarnations les plus abouties, préfigurant les grandes interrogations sur l'engagement qui traverseront toute la littérature russe du XIXe siècle.