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ŒUVRE N° 0337 — ROMAN — RUSSIE — 1856

Roudine

1856 · Roman · Ivan Tourgueniev
Son premier roman, portrait de « l'homme de trop », intellectuel brillant mais incapable d'agir, inspiré en partie de son ami Bakounine.
Pourquoi le lire — Dmitri Roudine séduit par son éloquence et sa culture philosophique un salon de province tout entier, mais sa brillante rhétorique se révèle incapable de se traduire en actes — jusqu'à ce qu'il trouve, bien des années plus tard, une fin héroïque et inattendue sur une barricade parisienne.

Contexte d'écriture § 01

  • 1855-1856 Tourgueniev publie ce premier roman à la fin du règne de Nicolas Ier, y posant en termes psychologiques plutôt qu'idéologiques la question de l'engagement personnel.
  • Un double portrait Le personnage de Roudine emprunte à la fois des traits à Tourgueniev lui-même et à son ami Mikhaïl Bakounine, figure de la pensée révolutionnaire russe disparue au fond de la Sibérie.

Structure § 02

Dmitri Roudine, intellectuel brillant nourri de philosophie allemande, séduit par son éloquence un salon de province tout entier, y compris la jeune Natalia qui tombe amoureuse de lui, avant que sa nature profondément incapable de traduire ses idées en actions concrètes ne se révèle et ne provoque sa chute sociale. Le roman rejoint ainsi la longue lignée littéraire de « l'homme de trop », cette figure typiquement russe de l'intellectuel brillant mais inutile, avant qu'un épilogue inattendu ne fasse mourir Roudine, des années plus tard, sur une barricade parisienne lors des journées de juin 1848.

Réception § 03

Le roman installe d'emblée Tourgueniev comme une voix majeure du roman russe naissant, sa réflexion sur l'échec de l'engagement personnel trouvant un écho particulier auprès d'une génération d'intellectuels russes en quête de sens face à l'autocratie tsariste.

Pourquoi il compte encore § 04

Le roman demeure une référence essentielle pour comprendre la figure littéraire russe de « l'homme de trop », dont Roudine offre l'une des incarnations les plus abouties, préfigurant les grandes interrogations sur l'engagement qui traverseront toute la littérature russe du XIXe siècle.