Le roman suit Rose-Marie Carpe, dite Rosie, de son enfance à Brive-la-Gaillarde jusqu'à une vie adulte où elle travaille dans un hôtel de la région parisienne. Elle y tombe enceinte de son supérieur et donne naissance à un fils, Titi. Le livre accompagne ensuite le départ pour la Guadeloupe, où elle veut retrouver son frère Lazare, qu'elle n'a pas revu depuis cinq ans.
Le récit est conduit au plus près de Rosie, devenue indifférente à son sort : on la suit à travers des scènes de plus en plus déréglées, où la menace n'est jamais clairement nommée. La famille y apparaît comme un lieu d'abandon plus que de protection, et le livre travaille un malaise qui ne se résout pas.
Le roman est salué par la critique, qui y voit alors le meilleur livre de NDiaye. Le prix Femina lui est attribué en 2001, dès le premier tour, par neuf voix sur douze. Le livre explore, selon les commentateurs, les « filiations ratées » et la désorientation d'une femme confrontée à l'abandon familial.
Le prix lui apporte un public plus large, des années avant le Goncourt de 2009. Le roman paraît après la mort de Jérôme Lindon, qui avait publié NDiaye dès 1985. Il est traduit en anglais par Tamsin Black en 2004.
Rosie Carpe montre ce que NDiaye apporte à la littérature française : un fantastique du quotidien, sans merveilleux, où l'inquiétude naît des relations les plus ordinaires, de la filiation à la dette et à la honte. Le livre aide à comprendre pourquoi son œuvre est aujourd'hui lue autant pour sa construction que pour ses thèmes. Il se lit comme un roman noir sans enquête et reste l'une des meilleures portes vers ses livres plus difficiles.