Le roman suit Henry Chinaski, alter ego alcoolique et désabusé de Bukowski, à travers ses années d'emploi harassant et absurde aux services postaux américains, enchaînant tournées de facteur épuisantes, patrons tyranniques, conquêtes amoureuses éphémères et beuveries, dans une prose directe et sans fioriture qui refuse toute dramatisation de cette existence pourtant difficile. Cette tonalité désabusée mais jamais apitoyée sur elle-même, portée par un humour noir constant, installe d'emblée la voix caractéristique de Bukowski et le personnage de Chinaski qui reviendra dans plusieurs romans et nouvelles ultérieurs.
Le roman installe immédiatement Bukowski comme romancier après deux décennies de publication confidentielle en poésie et en nouvelles, son succès grandissant progressivement, notamment en Europe, jusqu'à faire de lui l'un des écrivains américains cultes les plus traduits dans le monde.
Post Office demeure le point d'entrée le plus efficace dans l'univers de Bukowski, son alter ego Henry Chinaski ayant durablement marqué la littérature américaine comme l'une des figures les plus authentiques et les moins idéalisées de l'anti-héros des bas-fonds urbains.