Le recueil rassemble six nouvelles : La Nuit catalane, La Nuit turque, La Nuit romaine, La Nuit des six jours, La Nuit hongroise et Borealis. Leurs titres, qui renvoient pour la plupart à une nuit et à un lieu, donnent au livre l'allure d'un voyage en série à travers l'Europe d'après-guerre, des villes méditerranéennes à l'Europe centrale et au Nord. Ce sont des récits courts, dans lesquels Morand privilégie les décors, les images et les comparaisons inattendues plutôt que l'analyse psychologique. L'édition originale, publiée par la Nouvelle Revue Française en 1922, compte 194 pages.
Le recueil assoit la réputation de Morand, qui apparaît comme l'écrivain d'une génération pressée. Il est traduit dès 1923 en anglais par Vyvyan Holland ; Ezra Pound en prépare sa propre version, jugée alors inconvenante par un éditeur britannique et publiée seulement en 1984. L'adaptation américaine de 1924 par Paul Bern témoigne de l'écho international du livre. Morand en donne une suite l'année suivante avec Fermé la nuit.
Ouvert la nuit offre un portrait vif d'une Europe qui découvre la vitesse, les voyages organisés et les plaisirs nocturnes. Il reste une bonne introduction à l'art de la nouvelle selon Morand : sec, rapide, visuel. Le recueil intéresse aussi l'histoire littéraire, car il a servi de modèle à de nombreux écrivains qui ont cherché à décrire le monde moderne sans en faire un décor sentimental. On peut le lire pour son style, en gardant à l'esprit que les clichés du cosmopolitisme de l'époque ne sont pas toujours innocents.