Un fonctionnaire retiré à Saint-Pétersbourg, anonyme et retranché dans son ressentiment, s'adresse directement au lecteur pour dénoncer les illusions du progrès et de la raison qui, selon lui, ne peuvent jamais épuiser la complexité contradictoire de l'être humain. Le texte, divisé entre une première partie de confession philosophique et une seconde plus narrative, installe une voix rageuse et lucide qui deviendra la matrice de nombreux personnages dostoïevskiens ultérieurs.
Considéré rétrospectivement comme l'un des textes fondateurs de la pensée existentialiste, le récit a exercé une influence directe sur des philosophes et écrivains du XXe siècle qui y ont vu une préfiguration de leurs propres préoccupations.
Le texte pose, en quelques dizaines de pages, la question qui traversera toute l'œuvre de Dostoïevski : l'être humain agit-il vraiment selon la raison et son intérêt, ou existe-t-il en lui une part irréductible qui résiste à toute logique ? Cette question reste au cœur des débats philosophiques sur la liberté humaine.