Raskolnikov, ancien étudiant réduit à la misère, assassine une vieille prêteuse sur gages pour vérifier sa théorie selon laquelle certains êtres exceptionnels seraient au-dessus de la morale ordinaire. Loin de la sérénité attendue, le crime le plonge dans une spirale de culpabilité et de paranoïa qui occupe l'essentiel du roman — le vrai « châtiment » du titre n'est jamais la sanction judiciaire, mais la torture intérieure qui précède et accompagne l'aveu final.
Le roman s'impose immédiatement comme l'un des sommets du roman russe, et reste aujourd'hui l'œuvre de Dostoïevski la plus lue et la plus étudiée à l'échelle mondiale, souvent le premier titre par lequel les lecteurs découvrent son univers.
Peu de romans ont exploré avec autant de précision psychologique le mécanisme intérieur de la culpabilité, indépendamment de toute sanction extérieure — une analyse qui a directement influencé la psychologie et la philosophie du XXe siècle, de Freud à l'existentialisme.