Le roman raconte l'amour impossible entre Kiyoaki, jeune aristocrate raffiné et indécis, et Satoko, jeune femme promise à un prince impérial, une passion contrariée par les conventions sociales rigides du Japon du début du XXe siècle qui conduit inexorablement vers la tragédie. Mishima y installe le cadre et les thèmes de la vaste fresque qu'il développera sur les trois tomes suivants, une réflexion sur la réincarnation, le destin et la transformation du Japon à travers le siècle, portée par une prose d'une élégance et d'une précision remarquables.
Le roman, comme l'ensemble de la tétralogie, suscite un intérêt considérable renforcé par les circonstances tragiques entourant son achèvement, la mort de Mishima le jour même où il termine le dernier tome conférant à l'ensemble du cycle une résonance testamentaire immédiate.
Le roman demeure la porte d'entrée vers ce qu'une partie de la critique considère comme l'aboutissement de la carrière de Mishima, bien que l'opinion critique reste partagée sur la tétralogie, certains y voyant la somme de son œuvre, d'autres un relatif déclin par rapport à ses réussites antérieures.