Le récit suit Mortimer, engagé par la Mort comme apprenti, et alterne entre le domaine de la Mort, hors du temps, et le monde des vivants. Autour du héros gravitent Ysabell, fille adoptive de la Mort, Albert, serviteur de longue date, et la princesse Kéli du royaume de Sto Lat. Le ressort principal est la désobéissance de Mortimer : en épargnant la princesse, il crée une faille dans la réalité qu'il faut réparer. La Mort s'exprime en petites capitales et sans guillemets, signe typographique constant du personnage. Le roman est plus resserré que les premiers volumes, avec une intrigue unique, qui se tient d'un bout à l'autre, et un ton où l'humour côtoie souvent le pathétique.
Mortimer ouvre le cycle de la Mort, composé de cinq romans, et fait du personnage l'un des plus aimés de la série. Il est souvent proposé comme porte d'entrée au Disque-monde, pour sa construction nette, qui se suffit à elle-même. Il existe en français depuis 1994, dans la traduction de Patrick Couton, rééditée en poche en 1998. Sa réputation tient à la tendresse inattendue avec laquelle il traite un personnage d'ordinaire terrifiant.
Mortimer montre comment Pratchett traite les grandes questions par le détour de la comédie : la mort, le destin, le rapport entre la règle et la compassion. Sans pathos, il donne un visage à une figure tenue d'ordinaire pour terrifiante, et il en fait un personnage récurrent, parfois grave, parfois farceur. Pour qui veut découvrir le Disque-monde sans en connaître les premiers volumes, le roman offre une porte d'entrée presque idéale : un héros qui apprend un métier, un monde cohérent, et un humour qui n'exclut jamais l'émotion.