Le roman est narré par un jeune psychiatre qui, fasciné par son patient Moravagine, aristocrate hongrois dément persuadé d'incarner une force de destruction cosmique, l'aide à s'évader de l'asile et devient son complice à travers une série de crimes et d'errances qui les mènent de la Russie révolutionnaire jusqu'en Amérique du Sud. Cette relation trouble entre le psychiatre censé soigner la folie et le fou qui finit par contaminer son propre jugement interroge frontalement la porosité entre raison et déraison, dans une prose énergique et provocatrice typique de Cendrars.
Le roman marque les esprits par sa violence et son refus de toute morale rassurante, confirmant la réputation de Cendrars comme écrivain d'avant-garde capable d'aborder les sujets les plus dérangeants avec une énergie narrative peu commune.
Moravagine demeure l'un des romans les plus radicaux et les plus dérangeants de la littérature française du XXe siècle sur la folie et la violence, une œuvre qui continue d'interroger les limites de la raison avec une force qui n'a rien perdu de sa puissance dérangeante.