Le roman retrace l'ascension du Suisse Johann August Suter, émigré en Californie où il bâtit un empire agricole prospère, avant que la découverte d'or sur son domaine, qui déclenche la ruée vers l'or de 1849, n'attire des hordes de chercheurs qui envahissent et détruisent ses terres, causant sa ruine complète malgré la richesse fabuleuse qu'il aurait pu en tirer. Cette ironie tragique, un homme ruiné par la découverte même de l'or sur ses propres terres, porte le roman dans une prose sèche et rapide qui tranche avec le lyrisme flamboyant de la poésie de jeunesse de Cendrars.
Le roman rencontre un grand succès et installe durablement Cendrars comme romancier, son style dépouillé et son sens de l'aventure historique captivant un large public bien au-delà de ses admirateurs de la première heure venus de la poésie.
L'Or demeure l'un des grands romans d'aventure historique de la littérature française du XXe siècle, sa méditation ironique sur la richesse et la ruine continuant de résonner comme une fable intemporelle sur les caprices du destin.