Le roman suit Tom Ripley en narration à la troisième personne, strictement focalisée sur lui : le lecteur n'en sait jamais davantage que ce qu'il pense, planifie ou redoute. Après un début new-yorkais, l'action passe en Italie, de la petite ville de bord de mer où vit Dickie à Rome puis à Venise. Les rôles autour de Ripley sont peu nombreux : Dickie, son amie Marge Sherwood, un ami américain, Freddie Miles, puis la police italienne. Highsmith bâtit le suspense sur la double vie de Ripley, qui doit sans cesse effacer ses traces et imiter une signature, une voix, une identité. Le livre s'achève sur une issue qui laisse le héros libre et le lecteur mal à l'aise.
Le roman est salué pour son originalité : le public découvre un criminel dont l'ingéniosité fascine plus qu'elle n'indigne. Il obtient le Grand prix de littérature policière en 1957. Il fait l'objet de plusieurs adaptations : Plein Soleil (René Clément, 1960), Le Talentueux Mr Ripley (Anthony Minghella, 1999, avec Matt Damon), et la série Ripley (2024, Steven Zaillian, avec Andrew Scott). La critique y voit un tournant du roman noir : l'intérêt se déplace de l'enquête vers la psychologie du coupable, et le suspense repose sur la crainte qu'il soit démasqué.
Avec Ripley, Highsmith invente un antihéros d'un genre nouveau : ni détective, ni méchant de mélodrame, mais un homme qui s'invente en volant des vies, et que son talent rend presque sympathique. Le livre pose une question qui reste actuelle, celle de l'identité comme rôle, et du malaise qu'on éprouve à souhaiter l'impunité d'un coupable. Il a ouvert la voie à une longue lignée de romans où le lecteur partage le point de vue du criminel.