Le roman suit Kurt Wallander, inspecteur à Ystad, dans une enquête qui progresse jour après jour. Il commence par la découverte du couple de fermiers : l'homme est mort, la femme agonise et prononce un mot, « étranger ». Cet indice déclenche des réactions xénophobes dans la région, alors que l'enquête cherche d'autres pistes.
Mankell mêle la procédure policière, la vie privée de Wallander et le contexte social. Le style est sobre, les chapitres sont courts, les personnages sont décrits sans emphase. Wallander n'est pas un génie : il avance à tâtons, doute de lui, mange mal, dort peu. La série compte ensuite une dizaine d'enquêtes, dont celle-ci est le point de départ.
Le roman est salué dès sa parution : il reçoit en Suède le prix du meilleur roman policier de l'Académie suédoise des romans policiers et le prix Clé de verre. Sa traduction française, par Philippe Bouquet, paraît en 1994. Il ouvre une série d'enquêtes qui a fait de Wallander l'un des policiers les plus connus de la fiction européenne.
Il a été adapté à la télévision dans la série britannique Wallander, avec Kenneth Branagh, où l'épisode d'environ quatre-vingt-dix minutes (« Faceless Killers ») a été diffusé au Royaume-Uni. Une version lue intégrale a été publiée en livre audio, d'une durée d'environ neuf heures.
Meurtriers sans visage reste le point d'entrée naturel dans la série, et un des livres qui ont installé le roman policier nordique en Europe. Il montre que le polar peut aborder le racisme, les failles d'une société prospère et la lassitude d'un enquêteur sans renoncer à l'efficacité du récit. Il se lit encore comme une enquête rigoureuse, et comme un document sur la Suède de 1991, où le thème de la xénophobie est traité sans manichéisme ni éclat.