Le roman s'immerge dans l'esprit tourmenté du peintre paysagiste norvégien Lars Hertervig, interné en asile après une liaison amoureuse jugée inacceptable par la société de son époque, restituant de l'intérieur les fluctuations de sa pensée entre lucidité créatrice et déraison. Fosse y déploie une prose d'un flux de conscience continu, préfigurant les techniques narratives minimalistes et hypnotiques qu'il portera plus tard à leur aboutissement dans la Septologie, déjà attentif ici à donner voix à l'indicible de la souffrance psychique.
Le roman s'impose comme l'une des œuvres marquantes de la prose de Fosse durant les années 1990, consolidant sa réputation d'écrivain exigeant, vingt-huit ans avant sa consécration par le prix Nobel de littérature en 2023.
Le roman demeure l'une des œuvres les plus intenses de Fosse sur le plan psychologique, sa restitution de la conscience tourmentée d'un artiste continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites de sa prose antérieure à la Septologie.