Le roman est divisé en trois chapitres : « Heureuse avec Ivan », « Le troisième homme » et « Dernières choses ». Le premier raconte, d'une voix lumineuse, la relation avec Ivan ; le deuxième, le plus long, est un grand récit de rêves, dominé par la figure du père ; le dernier, des dialogues avec Malina, mène à la disparition de la narratrice.
La narratrice n'est jamais nommée. Malina, à la fois colocataire et double, représente la raison, face à Ivan qui incarne le désir. L'écriture mélange monologue, dialogue, lettres, scènes de rêve et notes ; la voix se fragmente à mesure que le récit avance, et le texte lui-même se défait.
Malina paraît en 1971, deux ans avant la mort de Bachmann, et est lu d'emblée comme une œuvre majeure, qui a une place particulière dans la littérature de langue allemande. Il a été lu en particulier à la lumière des mouvements féministes des années 1970, qui y ont trouvé la description d'une violence quotidienne que la littérature taisait. Le livre est aussi souvent étudié comme texte de la crise de la subjectivité. Il a été adapté en 1991 par Werner Schroeter, avec Isabelle Huppert dans le rôle principal.
Malina est l'un des textes qui ont rendu visible la violence faite aux femmes dans l'ordre domestique, intime et social, non comme sujet de dénonciation mais comme expérience de langage et de conscience. Le livre garde une puissance considérable : il est aussi une grande réflexion sur la difficulté de dire « je ». Elfriede Jelinek, qui a écrit le scénario de son adaptation au cinéma, s'est souvent réclamée de Bachmann. Un livre exigeant, qu'on ne lit pas comme un roman ordinaire, mais dont on ne sort pas indemne.