Le poème retrace, à travers le destin de mariniers naviguant sur le Rhône avant l'ère de la navigation à vapeur, toute une civilisation fluviale en train de disparaître sous les coups de la modernisation industrielle. Mistral y déploie une fresque épique nourrie de légendes, de traditions et de croyances populaires attachées au fleuve, transformant ce dernier en un véritable personnage vivant, témoin silencieux de plusieurs siècles d'histoire provençale.
Le poème confirme, aux côtés de Mirèio, la stature de Mistral comme grand poète épique de la Provence, sa publication contribuant directement à sa désignation, sept ans plus tard, comme lauréat du prix Nobel de littérature.
Le poème demeure un témoignage précieux sur une civilisation fluviale aujourd'hui disparue, sa célébration du Rhône et de ses traditions continuant d'être étudiée comme l'un des grands monuments poétiques consacrés à la mémoire d'un mode de vie révolu.