Le livre se présente comme une biographie de Limonov, menée comme une enquête, que Carrère entrecoupe d'éléments autobiographiques, en opposant le destin d'un aventurier à son propre parcours d'intellectuel plus introverti. Il retrace l'enfance de Limonov à Kharkiv, ses débuts de poète dissident à Moscou, sa vie à New York et à Paris, son engagement dans les guerres des Balkans, la fondation du Parti national-bolchévique, l'emprisonnement puis l'opposition à Poutine. Au fil du récit, Carrère mêle l'histoire de l'URSS et de la Russie post-soviétique à l'histoire de cette vie.
Limonov reçoit le prix Renaudot 2011, au deuxième tour de scrutin, face à Sylvain Tesson, ainsi que le prix de la langue française et le prix des prix littéraires (2011) ; sa traduction néerlandaise obtient en 2013 l'Europese Literatuurprijs. Le livre redonne à Limonov une visibilité en France, où ses œuvres sont rééditées chez Albin Michel. Limonov apprécie cette reconnaissance mais critique la sympathie que Carrère, à ses yeux, manifeste pour Poutine. Kirill Serebrennikov en a tiré le film Limonov, la ballade.
Limonov a montré qu'une biographie pouvait se lire comme un roman d'aventures et comme un essai sur le XXe siècle soviétique, sans jamais cacher le regard de l'auteur sur son sujet. Il reste une porte d'entrée vers la Russie contemporaine et vers les ambiguïtés de la fascination pour un personnage controversé. Pour les lecteurs de Carrère, c'est le livre où son art du récit, entre enquête et autoportrait, est le plus abouti ; pour les autres, une excellente lecture sur la Russie.