Le roman suit, à travers le regard distancié d'un narrateur masculin, la vie et la mort de Macabéa, jeune dactylographe pauvre originaire d'Alagoas venue s'installer à Rio de Janeiro, dont l'existence effacée et les malchances répétées composent un portrait bouleversant de la pauvreté brésilienne aggravée par les caprices les plus pervers du destin. Lispector y déploie une écriture d'une économie et d'une précision rares dans son œuvre, le choix d'un narrateur masculin observant une héroïne féminine créant une distance ironique qui rend d'autant plus poignante la compassion sous-jacente du récit.
Le roman est unanimement salué comme le sommet accompli de l'œuvre de Lispector, sa publication quelques mois avant la mort de l'autrice conférant au texte une résonance testamentaire particulière, largement considéré aujourd'hui comme son chef-d'œuvre.
Le roman demeure l'œuvre la plus universellement célébrée de Lispector, son portrait de Macabéa continuant d'être étudié comme l'une des grandes réussites de la littérature brésilienne du XXe siècle sur la pauvreté et l'aliénation sociale.