Le roman réunit six jeunes intellectuels nigérians, récemment revenus de leurs études à l'étranger, dont les discussions et les interprétations mutuelles de leurs expériences africaines composent une réflexion collective sur l'identité, la modernité et les désillusions du Nigeria naissant. Soyinka y déploie une technique narrative d'une grande sophistication, jouant sur les points de vue multiples et les changements temporels dans une prose comparée par la critique à celle de James Joyce et de William Faulkner, mêlant satire sociale mordante et profondeur mythologique yoruba.
Le roman s'impose comme l'une des œuvres majeures de la littérature africaine anglophone naissante, contribuant significativement à la réputation grandissante de Soyinka hors du Nigeria, vingt-deux ans avant sa consécration par le prix Nobel de littérature en 1986.
Le roman demeure l'œuvre romanesque la plus ambitieuse de Soyinka, sa complexité narrative et sa réflexion sur les désillusions postcoloniales continuant d'être étudiées comme l'une des grandes réussites de la littérature africaine moderne.