Évariste Gamelin, jeune peintre parisien idéaliste et fervent partisan de Maximilien Robespierre, est nommé juré au tribunal révolutionnaire durant la Terreur ; convaincu de la nécessité absolue de purifier la Révolution de ses ennemis, il se laisse progressivement absorber par la logique implacable de la répression, envoyant à la guillotine un nombre croissant d'accusés, y compris des proches et des amis. Le roman retrace avec une lucidité glaçante la transformation de cet idéaliste sincère en instrument zélé de la machine à tuer révolutionnaire, développant une méditation universelle sur les mécanismes du fanatisme politique, quelle que soit la cause qui prétend le justifier.
Le roman est accueilli comme l'une des œuvres les plus abouties de la maturité d'Anatole France, sa réflexion sur les mécanismes du fanatisme politique trouvant un écho particulier dans le contexte des tensions politiques croissantes de l'Europe de l'avant-guerre.
Le roman demeure l'une des grandes fictions consacrées à la Révolution française et à la Terreur, sa méditation intemporelle sur la manière dont un idéal sincère peut se transformer en instrument de tyrannie continuant de résonner comme un avertissement universel contre tous les fanatismes.