Le roman est constitué d'une suite d'épisodes, chacun consacré à une mystification. La bande réunit plusieurs amis, notamment Broudier, Bénin, Lesueur, Omer, Huchon, Martin et Lamendin ; ils décident, un soir, de « sanctionner » les villes d'Ambert et d'Issoire. Broudier se fait passer pour le ministre, Bénin usurpe l'identité d'un théologien romain pour prêcher des idées scandaleuses, Lesueur monte nu sur la statue de Vercingétorix lors d'une cérémonie officielle à Issoire. Le ton est celui d'une chronique burlesque, mais le livre repose sur l'idée unanimiste : le groupe d'amis forme un être collectif, plus fort que chacun.
Le roman, dédié aux « belletriens de Lausanne », paraît l'année qui précède la Première Guerre mondiale ; il reste l'un des livres les plus lus de Romains. Le film d'Yves Robert, Les Copains (1965), avec Philippe Noiret, Guy Bedos et Michael Lonsdale, lui a donné une seconde vie, et le titre est devenu un emblème de l'amitié joyeuse et turbulente.
Les Copains conserve intacts son énergie et son humour : on y voit comment une bande peut faire de l'esprit canular un instrument de liberté contre les petits pouvoirs de province. C'est aussi un bon exemple de la manière unanimiste, qui s'attache au groupe plus qu'à l'individu. Un roman court, vif, qui permet d'entrer dans l'univers de Romains sans s'engager dans ses grandes entreprises.