Le poème se divise en six chants qui suivent, sans intrigue linéaire véritable, les agissements de Maldoror, personnage de révolte absolue qui s'en prend à Dieu, à l'humanité et à toute forme d'ordre moral établi, dans une succession de scènes d'une violence hyperbolique et délibérément outrancière. Le texte multiplie les adresses directes et provocatrices au lecteur, les ruptures de ton et les images d'une audace inouïe pour son époque, la plus célèbre restant la comparaison d'une rencontre fortuite à « la beauté d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection ».
Le texte passe presque inaperçu de son vivant avant de resurgir en 1885, salué par les symbolistes puis, dans les années 1920, érigé en texte fondateur par les surréalistes, André Breton en tête, qui y voient l'un des livres les plus radicalement modernes jamais écrits, annonçant leur propre esthétique de la juxtaposition insolite.
Les Chants de Maldoror demeurent l'un des textes les plus radicalement modernes de la littérature française du XIXe siècle, leur influence sur le surréalisme et sur toute une tradition de littérature de la transgression continuant de se faire sentir près de cent soixante ans après leur parution.