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ŒUVRE N° 1397 — POÉSIE EN PROSE — FRANCE — 1868-1869

Les Chants de Maldoror

1868-1869 · Poème en prose (six chants) · Lautréamont
Son œuvre fondatrice, épopée en prose de la révolte absolue, souvent considérée comme le premier livre surréaliste.
Pourquoi la lire — Publié d'abord partiellement en 1868 puis dans son édition complète en 1869, ce long poème en prose met en scène Maldoror, figure de révolte absolue contre Dieu et la morale conventionnelle, dans une œuvre d'une violence et d'une inventivité formelle qui la font considérer, des décennies plus tard, comme l'un des textes fondateurs du surréalisme.

Contexte d'écriture § 01

  • 1868 Ducasse publie d'abord anonymement le premier chant seul, avant d'achever l'ensemble des six chants l'année suivante.
  • 1869 Fait paraître l'édition complète, signée du pseudonyme de comte de Lautréamont, un an avant sa propre mort dans l'anonymat le plus complet.

Structure § 02

Le poème se divise en six chants qui suivent, sans intrigue linéaire véritable, les agissements de Maldoror, personnage de révolte absolue qui s'en prend à Dieu, à l'humanité et à toute forme d'ordre moral établi, dans une succession de scènes d'une violence hyperbolique et délibérément outrancière. Le texte multiplie les adresses directes et provocatrices au lecteur, les ruptures de ton et les images d'une audace inouïe pour son époque, la plus célèbre restant la comparaison d'une rencontre fortuite à « la beauté d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection ».

Réception § 03

Le texte passe presque inaperçu de son vivant avant de resurgir en 1885, salué par les symbolistes puis, dans les années 1920, érigé en texte fondateur par les surréalistes, André Breton en tête, qui y voient l'un des livres les plus radicalement modernes jamais écrits, annonçant leur propre esthétique de la juxtaposition insolite.

Pourquoi elle compte encore § 04

Les Chants de Maldoror demeurent l'un des textes les plus radicalement modernes de la littérature française du XIXe siècle, leur influence sur le surréalisme et sur toute une tradition de littérature de la transgression continuant de se faire sentir près de cent soixante ans après leur parution.