Le roman retrace les derniers jours d'Andreas, jeune soldat allemand convaincu qu'il va mourir prochainement en route vers le front de l'Est, dont le pressentiment fataliste imprègne chaque instant de son voyage en train, transformant ce trajet ordinaire en une méditation poignante sur la fatalité et l'absurdité de la guerre. Böll y déploie déjà, dans ce roman de débuts, l'humanisme profond et la dénonciation antiguerre qui caractériseront l'ensemble de son œuvre ultérieure, illustrant avec une sobriété remarquable la folie de la guerre et la souffrance qu'elle engendre chez les soldats ordinaires.
Le roman marque les débuts remarqués de Böll sur la scène littéraire allemande de l'après-guerre, installant durablement sa réputation de chroniqueur critique et humaniste de l'expérience de guerre allemande, plus de deux décennies avant sa consécration par le prix Nobel de littérature.
Le roman demeure une œuvre fondatrice pour comprendre les origines de l'engagement antiguerre de Böll, sa méditation sur la fatalité et l'absurdité du conflit continuant d'être étudiée comme l'un des premiers grands témoignages littéraires allemands sur la Seconde Guerre mondiale.