Le roman est un récit d'apprentissage en dix chapitres. Duny, enfant d'un village de l'île de Gont, devient Ged, surnommé Épervier, quand son maître Ogion lui donne son vrai nom. À l'école de Roke, il s'illustre par ses talents mais aussi par son orgueil : lors d'un duel avec un condisciple, il invoque les morts et laisse s'échapper une ombre. Le reste du livre est une errance, puis une chasse : d'abord poursuivi, Ged finit par poursuivre l'ombre jusqu'aux limites du monde. L'archipel, avec ses îles, ses dragons, son système de magie fondé sur la connaissance des vrais noms, est décrit avec la précision d'une ethnologue. Le récit est bref, sans personnages inutiles, et l'écriture est volontairement sobre.
Le livre est bien accueilli dès sa parution et reçoit le Boston Globe-Horn Book Award en 1969. Il inaugure un cycle dont les suites ont paru sur plusieurs décennies et qui compte au total cinq autres volumes. La critique y a vu une œuvre qui renouvelle la fantasy : le héros a la peau sombre, la magie obéit à un équilibre cosmique d'inspiration taoïste, et l'ennemi est une part de soi-même. Le roman est devenu un classique de la littérature de jeunesse et de la fantasy, lu bien au-delà de son public d'origine.
Terremer a donné à la fantasy moderne un modèle de sobriété et d'intelligence : peu de batailles, beaucoup de réflexion sur le pouvoir, les noms, la mort. Le roman invite à penser que la magie est une affaire de responsabilité, et que l'équilibre vaut mieux que la domination. Il se lit rapidement et reste l'un des meilleurs points d'entrée dans l'œuvre de Le Guin, y compris pour les lecteurs qui ne goûtent pas habituellement la fantasy.