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ŒUVRE N° 2032 — FANTASY — ÉTATS-UNIS — 1968

Le Sorcier de Terremer

1968 · Roman · Ursula K. Le Guin
Un jeune apprenti sorcier, Ged, libère par orgueil une ombre qui le poursuit.
Pourquoi le lire — Sur l'archipel de Terremer, un jeune chevrier doué de pouvoirs, Ged, est envoyé à l'école des mages de Roke. Pour prouver sa valeur, il pousse trop loin un sortilège et libère une ombre qui le poursuit. Ce roman, écrit pour des adolescents, tient en peu de pages une histoire de maturation et de responsabilité : la magie y a un prix, et le plus grand danger vient de soi.

Contexte d'écriture § 01

  • 1964 Le Guin publie deux nouvelles, « La Règle des noms » et « Le Mot de déliement », où apparaissent déjà des idées centrales de Terremer.
  • 1967 Hermann Schein, des éditions Parnassus Press, lui demande d'écrire un livre pour des lecteurs plus âgés que les enfants, avec une entière liberté.
  • 1968 Le Sorcier de Terremer paraît chez Parnassus Press, avec des illustrations de Ruth Robbins.
  • 1969 Le livre reçoit le Boston Globe-Horn Book Award.

Structure § 02

Le roman est un récit d'apprentissage en dix chapitres. Duny, enfant d'un village de l'île de Gont, devient Ged, surnommé Épervier, quand son maître Ogion lui donne son vrai nom. À l'école de Roke, il s'illustre par ses talents mais aussi par son orgueil : lors d'un duel avec un condisciple, il invoque les morts et laisse s'échapper une ombre. Le reste du livre est une errance, puis une chasse : d'abord poursuivi, Ged finit par poursuivre l'ombre jusqu'aux limites du monde. L'archipel, avec ses îles, ses dragons, son système de magie fondé sur la connaissance des vrais noms, est décrit avec la précision d'une ethnologue. Le récit est bref, sans personnages inutiles, et l'écriture est volontairement sobre.

Réception § 03

Le livre est bien accueilli dès sa parution et reçoit le Boston Globe-Horn Book Award en 1969. Il inaugure un cycle dont les suites ont paru sur plusieurs décennies et qui compte au total cinq autres volumes. La critique y a vu une œuvre qui renouvelle la fantasy : le héros a la peau sombre, la magie obéit à un équilibre cosmique d'inspiration taoïste, et l'ennemi est une part de soi-même. Le roman est devenu un classique de la littérature de jeunesse et de la fantasy, lu bien au-delà de son public d'origine.

Pourquoi il compte encore § 04

Terremer a donné à la fantasy moderne un modèle de sobriété et d'intelligence : peu de batailles, beaucoup de réflexion sur le pouvoir, les noms, la mort. Le roman invite à penser que la magie est une affaire de responsabilité, et que l'équilibre vaut mieux que la domination. Il se lit rapidement et reste l'un des meilleurs points d'entrée dans l'œuvre de Le Guin, y compris pour les lecteurs qui ne goûtent pas habituellement la fantasy.