Le roman est divisé en deux parties, entièrement racontées par Tony Webster. La première évoque son adolescence dans une école de garçons, son groupe d'amis, l'arrivée du brillant Adrian Finn, puis ses amours avec Veronica Ford. La seconde, plus tard, le montre à la retraite : une lettre d'un cabinet d'avocats l'oblige à revenir sur le passé et à reconsidérer ses souvenirs. Le récit est court, resserré, avec peu de personnages. Barnes organise le suspense à partir de la mémoire elle-même : ce que Tony ne sait pas, ce qu'il a oublié ou arrangé. Les réflexions du narrateur sur le temps et sur l'histoire sont à la fois ironiques et graves.
Le roman est salué pour sa précision et sa concision. Le jury du Booker, présidé par Stella Rimington, le décrit comme un livre « exquisément écrit, subtilement construit » ; la juge Gaby Wood le juge très maîtrisé techniquement, et certains critiques lui reprochent une certaine froideur. Il remporte le prix le 18 octobre 2011 et connaît un succès international, y compris en France. Il est adapté au cinéma en 2017 par Ritesh Batra.
Peu de romans aussi brefs interrogent aussi nettement l'idée de mémoire. Barnes y montre que l'on se construit une biographie comme on écrit un livre, avec des choix, des omissions et des certitudes. Le lecteur ressort du roman en se demandant quelle part de ses propres souvenirs il a lui-même arrangée. C'est l'un de ses livres les plus lus, et le meilleur point d'entrée dans son œuvre : court, clair, grave, et d'une ironie discrète.