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ŒUVRE N° 1686 — ROMAN — ROYAUME-UNI — 2011

Le Sens d'une fin

2011 · Roman · Julian Barnes
Un homme de soixante ans relit son passé après un legs inattendu : Booker Prize 2011.
Pourquoi le lire — Tony Webster, la soixantaine, mène une vie tranquille. Une lettre inattendue le renvoie à l'époque du lycée et à son ami le plus brillant, Adrian Finn, puis à Veronica, sa première petite amie. Il croyait connaître l'histoire ; il va découvrir qu'il l'a racontée à sa façon. Ce court roman, publié en français sous le titre Une fille, qui danse, est une enquête sur la mémoire et la fiabilité des récits que l'on se fait de sa vie.

Contexte d'écriture § 01

  • 2011 Le roman paraît le 4 août 2011 chez Jonathan Cape (Royaume-Uni) et chez Knopf (États-Unis) ; il compte environ 160 pages.
  • 2011 Il est sélectionné pour le Booker Prize, que Barnes n'avait jamais obtenu malgré trois nominations précédentes (1984, 1998, 2005).
  • 18 octobre 2011 Barnes reçoit le Booker Prize ; le roman est aussi sélectionné pour le Costa Book Award.
  • 2013 La traduction française paraît chez Mercure de France sous le titre Une fille, qui danse.
  • 2017 Ritesh Batra en tire un film avec Jim Broadbent, sur un scénario de Nick Payne.

Structure § 02

Le roman est divisé en deux parties, entièrement racontées par Tony Webster. La première évoque son adolescence dans une école de garçons, son groupe d'amis, l'arrivée du brillant Adrian Finn, puis ses amours avec Veronica Ford. La seconde, plus tard, le montre à la retraite : une lettre d'un cabinet d'avocats l'oblige à revenir sur le passé et à reconsidérer ses souvenirs. Le récit est court, resserré, avec peu de personnages. Barnes organise le suspense à partir de la mémoire elle-même : ce que Tony ne sait pas, ce qu'il a oublié ou arrangé. Les réflexions du narrateur sur le temps et sur l'histoire sont à la fois ironiques et graves.

Réception § 03

Le roman est salué pour sa précision et sa concision. Le jury du Booker, présidé par Stella Rimington, le décrit comme un livre « exquisément écrit, subtilement construit » ; la juge Gaby Wood le juge très maîtrisé techniquement, et certains critiques lui reprochent une certaine froideur. Il remporte le prix le 18 octobre 2011 et connaît un succès international, y compris en France. Il est adapté au cinéma en 2017 par Ritesh Batra.

Pourquoi il compte encore § 04

Peu de romans aussi brefs interrogent aussi nettement l'idée de mémoire. Barnes y montre que l'on se construit une biographie comme on écrit un livre, avec des choix, des omissions et des certitudes. Le lecteur ressort du roman en se demandant quelle part de ses propres souvenirs il a lui-même arrangée. C'est l'un de ses livres les plus lus, et le meilleur point d'entrée dans son œuvre : court, clair, grave, et d'une ironie discrète.