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ŒUVRE N° 1217 — ROMAN — FRANCE — 1951

Le Rivage des Syrtes

1951 · Roman · Julien Gracq
Le meilleur point d'entrée : son roman le plus célèbre, méditation sur le déclin d'une civilisation imaginaire.
Pourquoi le lire — Commencé en 1947 et publié en 1951, ce roman raconte l'histoire d'Aldo, jeune aristocrate de la Seigneurie d'Orsenna envoyé comme observateur dans une forteresse surveillant le mystérieux Farghestan, dans une méditation somptueuse sur le déclin d'une civilisation vieillissante.

Contexte d'écriture § 01

  • 1947-1951 Gracq travaille à ce roman sur plusieurs années avant sa publication en septembre 1951 chez José Corti, son éditeur de toujours, alors que la guerre qu'il a lui-même traversée comme soldat continue de hanter son imaginaire.
  • 1951 — le refus du Goncourt Le roman obtient le 3 décembre 1951 le prix Goncourt, que Gracq refuse aussitôt publiquement, un geste sans précédent motivé par le pamphlet qu'il venait de publier contre les compromissions du monde littéraire.

Structure § 02

Le roman suit Aldo, jeune homme issu d'une des plus vieilles familles de la Seigneurie d'Orsenna, cité-État jadis puissante mais désormais moribonde, envoyé comme observateur dans une forteresse des provinces du sud érigée sur le rivage des Syrtes, face au Farghestan, pays ennemi depuis trois siècles avec lequel s'est installée une paix de fait. Empruntant à Oswald Spengler l'idée du vieillissement des civilisations comparable à celui des organismes vivants, Gracq y déploie une géopolitique entièrement imaginaire pour interroger la force d'invention qui se fige et se sclérose lorsqu'une culture devient civilisation, dans une prose d'une richesse et d'une musicalité incomparables, portée par un appel constant à la dérive onirique.

Réception § 03

Le roman exerce dès sa parution une fascination singulière sur les amateurs de littérature, son refus du prix Goncourt renforçant paradoxalement son prestige et sa légende, avant de s'imposer durablement comme l'une des références incontournables de la littérature française contemporaine.

Pourquoi il compte encore § 04

Le roman demeure un mythe littéraire à part entière, sa méditation somptueuse sur le déclin des civilisations et sa géopolitique imaginaire continuant de fasciner des générations de lecteurs bien au-delà du seul contexte de sa publication et de son refus retentissant du Goncourt.