IDLIBRIS L'encyclopédie mondiale des écrivains
Accueil › Œuvres › Le Plan déchiqueté
ŒUVRE N° 1989 — ROMAN — JAPON — 1967

Le Plan déchiqueté

1967 · Roman · Kōbō Abe
Un détective cherche un homme disparu, et se perd lui-même dans la ville.
Pourquoi le lire — Un détective privé est engagé par une femme pour retrouver son mari, disparu. Il suit des pistes, interroge, et se perd peu à peu dans la ville et dans l'enquête. Le Plan déchiqueté reprend les codes du roman policier pour en défaire les promesses : pas de solution nette, mais un homme qui, à force de chercher un autre, finit par lui ressembler.

Contexte d'écriture § 01

  • 1967 Moetsukita chizu paraît au Japon, aux éditions Shinchōsha.
  • 1968 Hiroshi Teshigahara l'adapte au cinéma sous le titre The Man Without a Map (L'Homme sans carte).
  • 1969 Le roman est traduit en anglais par E. Dale Saunders (Knopf).

Structure § 02

Le récit suit un détective sans nom engagé par une femme alcoolique, qui lui remet une carte censée l'aider à retrouver son mari. Les indices manquent ou se contredisent : la carte, qui devait orienter, ne sert à rien. Le roman suit l'enquête à travers la ville et reprend les conventions du récit policier (enquête, interrogatoires, pistes) pour montrer qu'elles ne mènent nulle part. À mesure que l'enquête avance, l'enquêteur s'identifie à la figure de l'absent. Le thème de l'urbanisation et celui de l'identité sont étroitement liés.

Réception § 03

Le roman a été salué par la critique comme un exemple de récit policier postmoderne : on l'a rapproché plus tard de Paul Auster ou de Haruki Murakami. Aux États-Unis, le critique John Leonard l'a compté parmi les six meilleurs romans de 1969 dans le New York Times. Le film de Teshigahara, L'Homme sans carte, a été tourné dès 1968. Le roman est traduit en anglais en 1969 par E. Dale Saunders (Knopf). Teshigahara, qui avait déjà adapté La Femme des sables et Le Visage d'un autre, en tire L'Homme sans carte en 1968.

Pourquoi il compte encore § 04

Le Plan déchiqueté montre comment un genre populaire peut servir à dire l'anonymat des grandes villes. Un enquêteur qui cherche un disparu et finit par se perdre : le motif a été repris depuis, et le roman en reste l'un des exemples les plus nets. Il intéresse aussi bien les amateurs de roman noir que ceux qui s'intéressent à la littérature de l'aliénation urbaine. Abe y montre que la ville moderne n'offre aucune carte fiable pour retrouver quelqu'un — ni pour se retrouver soi-même.