L'histoire se situe au Mississippi dans les années 1970 et se déroule autour de la mort de Robin Cleve Dufresnes, pendu à un arbre en 1964 ; sa sœur Harriet, douze ans, s'obstine à retrouver le coupable. Avec son ami Hely, elle s'aventure dans le monde de la famille Ratliff, liée à un trafic de méthamphétamine, jusqu'à une confrontation tendue, près d'un château d'eau. Contrairement à celle du premier roman, la narration n'est pas portée par une seule voix : elle suit plusieurs points de vue et adopte une forme plus ample, qualifiée de « symphonique » par l'autrice. L'enquête, qui ne livre pas de réponse définitive, sert de fil à un portrait de famille et de société.
L'accueil est partagé. Le New York Times salue un « réalisme de rêve fiévreux, tragique » et Publishers Weekly le talent de conteuse de Tartt ; Entertainment Weekly critique des personnages inégaux, et la London Review of Books juge le livre peu engageant sur le plan émotionnel. Le roman reçoit le WH Smith Literary Award et figure sur la sélection de l'Orange Prize en 2003. La mort de Robin reste sans explication définitive, choix qui a divisé les lecteurs.
Le Petit Copain montre ce que Tartt sait faire en dehors du campus : saisir l'enfance, la classe sociale et le Sud américain, avec un sens du décor et des voix très sûr. C'est un roman d'atmosphère plus que d'intrigue, à lire pour son héroïne obstinée, comme pour la manière dont il refuse la résolution d'un polar. Il se distingue aussi des deux autres romans de l'autrice par sa structure, qu'elle a voulue « symphonique », et par son choix d'un Sud contemporain de sa propre enfance : un livre moins immédiat, qui récompense la patience.