Le roman se présente comme le récit rétrospectif de Theo Decker, à la première personne, sur plusieurs décennies. Il s'ouvre sur l'attentat du Metropolitan Museum, qui coûte la vie à sa mère et le conduit à garder le tableau ; il passe ensuite par New York, par Las Vegas, où Theo vit avec son père et découvre la drogue, puis par Amsterdam, où il tente de récupérer l'œuvre. Le livre, de 771 pages dans l'édition originale, relie le suspense à une longue méditation sur l'art : ce que l'on aime, ce que l'on garde, ce que la beauté exige de nous. La forme évoque volontairement le roman du XIXe siècle.
La réception est très partagée. Les partisans y voient un roman « dickensien », immersif ; Stephen King salue une écrivaine « incroyablement douée » ; d'autres critiques le jugent juvénile et convenu. Le Monde est plus chaleureux et parle d'un livre « de haute volée ». Le roman reçoit le prix Pulitzer de la fiction et la Carnegie Medal en 2014. Amazon le classe parmi les meilleurs livres de 2013, et en 2024, le New York Times le place 46e dans sa liste des meilleurs livres du XXIe siècle.
Le Chardonneret a montré qu'on pouvait encore, en 2013, publier un grand roman d'initiation à l'ancienne, long et ambitieux, et le voir toucher un très large public. Il pose avec sérieux la question de ce que l'art fait à ceux qui s'y attachent. Le débat qu'il suscite sur sa valeur, entre chef-d'œuvre et pastiche, fait partie de son intérêt : peu de romans récents ont autant divisé tout en trouvant autant de lecteurs.