Béatrice remplace Virgile comme guide de Dante, l'accompagnant à travers les neuf sphères célestes jusqu'à la vision finale de Dieu. Le texte abandonne largement l'imagerie concrète de l'Enfer pour une poésie plus abstraite, tournée vers la lumière, la musique des sphères et la théologie la plus savante — un langage qui tente de dire l'indicible de l'expérience mystique.
Moins lu que l'Enfer en dehors des cercles spécialisés, le Paradis reste néanmoins considéré par de nombreux commentateurs comme l'aboutissement le plus ambitieux de toute la Comédie, sur le plan de la pensée théologique et philosophique.
C'est le texte où Dante boucle la boucle ouverte par la Vie nouvelle des décennies plus tôt : Béatrice, son premier amour, devient ici sa guide vers la vision divine elle-même. Peu d'œuvres ont autant tenté de faire tenir ensemble amour terrestre et transcendance mystique dans un même geste poétique.