Le roman prend la forme du journal intime d'un nain difforme, conseiller cynique et manipulateur d'un prince italien de la Renaissance, dont le regard lucide et désabusé sur les intrigues de cour, les trahisons et la violence politique fait de lui l'incarnation même du principe du mal au sein de l'univers romanesque de Lagerkvist. Lagerkvist y déploie une écriture d'une froideur calculée qui épouse parfaitement la psychologie de son narrateur, offrant une méditation glaçante sur la nature du mal humain, dépourvue de toute rédemption facile, dans un roman qui marque un tournant décisif vers la maturité de son art romanesque.
Le roman constitue le premier succès véritablement massif de Lagerkvist auprès de la critique suédoise, devenant son premier best-seller et installant durablement sa réputation de grand romancier, six ans avant la reconnaissance internationale que lui vaudra Barabbas.
Le roman demeure l'une des œuvres les plus sombres et les plus abouties de Lagerkvist, sa méditation implacable sur la nature du mal continuant d'être étudiée comme l'une des réussites majeures du roman psychologique suédois du XXe siècle.