Le roman retrace, depuis la crucifixion de Jésus jusqu'à sa propre mort à Rome, l'existence de Barabbas, homme violent et rebelle, incapable de comprendre pleinement ni Jésus ni ses disciples, mais fasciné malgré lui par le sacrifice dont il a été le bénéficiaire involontaire. Lagerkvist y construit son récit sur une série d'antithèses systématiques entre les deux hommes : Jésus meurt entouré d'amis, Barabbas meurt seul ; Jésus s'adresse à Dieu, Barabbas ne parle qu'aux ténèbres, l'auteur y explorant sans relâche la figure du « croyant sans foi », cherchant tout au long de sa vie à comprendre pourquoi il a été choisi pour survivre.
Le roman constitue le premier véritable succès international de Lagerkvist, contribuant directement à son couronnement par le prix Nobel de littérature l'année suivante, et sera adapté au cinéma dès 1953 par le réalisateur suédois Alf Sjöberg, l'un des plus importants films suédois de son époque.
Le roman demeure l'œuvre la plus universellement lue de Lagerkvist, sa méditation intemporelle sur la foi, le doute et le sens de l'existence continuant d'être étudiée comme l'une des relectures les plus puissantes de la tradition biblique dans la littérature du XXe siècle.