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ŒUVRE N° 1192 — POÉSIE DRAMATIQUE — FRANCE — 1910

Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc

1910 · Drame en vers · Charles Péguy
Le meilleur point d'entrée : un drame mystique en vers, dialogue entre la jeune Jeannette et ses interlocutrices sur le mal et la souffrance.
Pourquoi le lire — Publié en janvier 1910, ce texte reprend le canevas de la première œuvre de Péguy, sa Jeanne d'Arc de 1897, pour en faire un drame mystique où Jeannette, treize ans, interroge sans relâche le mystère de la souffrance humaine dans un dialogue d'abord avec son amie Hauviette, puis avec la religieuse Madame Gervaise.

Contexte d'écriture § 01

  • 1910 Péguy publie ce texte en janvier, alors qu'il a évolué depuis sa première Jeanne d'Arc de 1897, socialiste et athée, vers un catholicisme mystique et social qui imprègne désormais toute son œuvre.
  • Une fascination durable Le texte témoigne une fois de plus de la fascination que la figure de Jeanne d'Arc n'a jamais cessé d'exercer sur Péguy depuis son enfance orléanaise, où sa maison natale se trouvait dans une rue parcourue par l'héroïne en 1429.

Structure § 02

Le drame renoue avec le style des mystères médiévaux pour mettre en scène deux dialogues successifs : Jeannette, jeune bergère de treize ans et demi bouleversée par la question du mal, s'entretient d'abord avec son amie Hauviette, fillette pétillante et délurée, puis avec Madame Gervaise, une religieuse, sur la souffrance humaine, le bien et le mal. Le texte déploie ce que la critique nomme la « rumination » péguyste, une suite subtile et rythmée de répétitions et de parallélismes formels qui donne à la lecture une saveur unique, particulièrement efficace pour évoquer l'atmosphère du Moyen Âge, mais qui exige du lecteur une attention soutenue pour saisir la beauté d'ensemble de sections de texte qui se révèlent moins immédiatement sur une seule ligne.

Réception § 03

L'œuvre confirme et amplifie la réputation naissante de Péguy comme poète mystique majeur du début du XXe siècle, sa langue si simple et si concrète pour dire la substance des mystères chrétiens étant saluée comme l'une des voies les plus originales pour exprimer l'ineffable religieux.

Pourquoi il compte encore § 04

Le texte demeure une référence essentielle de la poésie religieuse française du XXe siècle, sa langue rythmée et répétitive continuant d'être étudiée comme l'expression la plus aboutie du style péguyste au service d'une méditation intemporelle sur la souffrance et la charité.