Le roman explore la relation entre un homme plus âgé et sa cousine au second degré, dont les tentatives de mariage échouent, le poussant à commencer à collectionner méthodiquement les objets qu'elle a touchés, transformant l'obsession amoureuse en une entreprise muséographique méticuleuse et mélancolique. Pamuk y déploie une écriture d'une précision matérielle remarquable, où chaque objet collectionné devient le vecteur d'une méditation sur la mémoire, la perte et l'impossibilité de retenir le temps qui passe.
Le roman est accueilli avec l'attention accrue que lui vaut désormais sa consécration récente par le prix Nobel de littérature, son prolongement dans la réalité par la création d'un véritable musée à Istanbul en 2012 suscitant un intérêt international considérable.
Le roman demeure l'une des œuvres les plus originales de Pamuk sur le plan conceptuel, sa transposition muséographique réelle continuant d'être étudiée comme l'une des expériences les plus singulières de la littérature contemporaine dialoguant avec l'art et l'objet.