Le roman retrace le retour d'un poète turc vivant en exil en Allemagne dans une ville pauvre et isolée d'une région reculée de Turquie, où il se trouve confronté aux tensions entre Orient et Occident à travers une vague de suicides de jeunes filles voilées, plongeant au cœur des débats les plus brûlants sur la laïcité et l'identité turque contemporaine. Pamuk y déploie une écriture d'une tension politique et poétique remarquable, explorant la recherche d'identité dans la zone frontière entre valeurs occidentales et orientales, tentative de comprendre différences et similitudes dans une aspiration ambivalente vers la modernité et les vieilles traditions.
Le roman est accueilli comme l'une des œuvres les plus politiquement engagées de Pamuk, contribuant significativement à sa réputation internationale grandissante, quatre ans avant sa consécration par le prix Nobel de littérature en 2006.
Le roman demeure l'une des œuvres les plus discutées de Pamuk, sa plongée dans les tensions turques contemporaines entre laïcité et islam continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites de la fiction politique du XXIe siècle.