Le poème traite sur le mode héroï-comique une querelle dérisoire opposant des chanoines au sujet du placement d'un lutrin dans une chapelle, empruntant le ton et les procédés de l'épopée pour raconter un événement de la plus grande insignifiance. Cette disproportion volontaire entre la forme grandiose et le sujet mesquin permet à Boileau d'illustrer par la pratique les principes de mesure et de proportion qu'il défend en théorie dans son Art poétique, la satire se faisant ici démonstration par l'exemple des excès qu'elle dénonce ailleurs.
Le poème s'impose comme un modèle du genre héroï-comique en langue française, sa virtuosité technique et son ironie fine consolidant la réputation de Boileau comme l'un des plus grands versificateurs de son siècle, capable de manier l'alexandrin avec une égale maîtrise dans le registre satirique comme dans le registre théorique.
Le poème demeure une référence du genre héroï-comique français, sa démonstration par l'absurde des dangers de la disproportion stylistique continuant d'éclairer, en complément direct de l'Art poétique, les principes esthétiques que Boileau a contribué à fixer pour la littérature classique.