La pièce retrace l'arrivée d'un vagabond sans-abri, hébergé par deux frères dans leur appartement délabré, dont la présence devient malgré lui l'enjeu d'une lutte de pouvoir tacite entre les deux hommes, dans un espace clos où le dialogue imprévisible révèle progressivement les tensions et les fragilités de chacun. Pinter y déploie avec une maîtrise accomplie sa technique caractéristique du minimum d'intrigue, le drame émergeant entièrement de la lutte de pouvoir et du jeu de cache-cache propre à l'interlocution elle-même.
La pièce assure la consécration définitive de Pinter, établissant qu'il n'est pas simplement un praticien de plus du absurde" style="color:var(--brass); text-decoration:underline; text-decoration-style:dotted;">Théâtre de l'Absurde alors en vogue, quarante-cinq ans avant sa consécration par le prix Nobel de littérature en 2005.
La pièce demeure l'une des œuvres les plus jouées de Pinter, sa maîtrise du minimalisme dramatique continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites du théâtre britannique de la seconde moitié du XXe siècle.