Le recueil s'ouvre sur le récit-cadre d'un homme qui, ayant perdu ses masques sociaux, se découvre enfin son vrai visage et se voit alors traité de fou par ceux qui l'entourent, avant de revendiquer cette folie comme une forme supérieure de lucidité. À partir de cette figure, le livre égrène de courtes paraboles, fables et aphorismes qui interrogent, avec un mélange d'ironie et de gravité, les hypocrisies sociales, les faux-semblants et la difficulté de voir le monde tel qu'il est réellement.
Le recueil installe Gibran comme une voix originale dans les lettres américaines de son temps, préparant le terrain pour le succès bien plus considérable que rencontrera Le Prophète cinq ans plus tard, tout en restant apprécié pour sa concision mordante et son ironie propre.
Le Fou permet de découvrir une facette plus brève, plus incisive et souvent plus ironique de l'écriture de Gibran que celle, plus ample et plus solennelle, du Prophète, et reste une excellente porte d'entrée pour qui cherche une première rencontre avec sa pensée.