Le roman suit une enquête dans un pays où les morts sont devenus anonymes. Anil Tissera, arrivée avec son savoir scientifique, doit identifier un squelette trouvé dans un lieu protégé, avec Sarath, archéologue sri-lankais. Autour d'eux, d'autres figures, le vieux maître Palipana, aveugle, ou le sculpteur Ananda, élargissent le récit vers la mémoire et la réparation. Ondaatje alterne les scènes d'enquête, d'une grande précision médicale, et des passages plus poétiques, où la guerre est évoquée par touches : disparus, enlèvements, familles brisées. La structure est fragmentée, comme dans ses autres livres, et laisse beaucoup au lecteur.
Le roman reçoit le Giller Prize et le Prix du Gouverneur général au Canada, et le prix Médicis étranger en France en 2000. En France, il est publié à l'Olivier puis repris chez Points, et il a contribué à la notoriété de l'auteur après Le Patient anglais.
Le livre pose une question d'actualité durable : comment établir la vérité sur des morts quand le pouvoir lui-même est impliqué ? À travers une enquête de médecin légiste, Ondaatje donne un visage à ceux qui disparaissent dans les guerres civiles, et il s'interroge sur ce que l'on doit aux morts. Pour qui veut retrouver sa prose poétique dans un récit plus actuel, plus politique, c'est un bon second livre après Le Patient anglais.