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ŒUVRE N° 0345 — ROMAN — RUSSIE — 1957

Le Docteur Jivago

Écrit 1945-1955, publié 1957 · Roman · Boris Pasternak
Son unique roman, bilan romanesque d'une vie de poète pris dans le tourbillon de la révolution russe.
Pourquoi le lire — Le meilleur point d'entrée dans Pasternak : le médecin et poète Iouri Jivago traverse les bouleversements de la révolution russe et de la guerre civile, son amour pour Lara devenant le lieu même où se joue l'opposition entre la liberté intime du poète et l'embrigadement du révolutionnaire.

Contexte d'écriture § 01

  • 1945-1955 Pasternak rédige ce roman, dont l'idée remonte à l'avant-guerre, achevé pendant la période de dégel qui suit la mort de Staline.
  • 1957 — la publication italienne Refusé par les éditeurs soviétiques, le roman paraît d'abord en Italie grâce à l'éditeur Feltrinelli, geste que Pasternak assume comme une acceptation délibérée du martyre.

Structure § 02

Le roman suit le destin de Iouri Jivago, médecin de profession et poète dans l'âme, à travers quarante années d'histoire russe bouleversée par la révolution de 1905, la Première Guerre mondiale, la révolution bolchevique puis la guerre civile. Son amour tragique pour Lara, personnification d'une féminité à la fois blessée et triomphante, se love au cœur de l'opposition centrale du roman entre le poète Jivago et le révolutionnaire Pavel Antipov, l'appendice poétique du roman, les Poèmes de Iouri Jivago, laissant entrevoir, à travers le poème Hamlet, une identification du poète à une mission prophétique sanctionnée par le sacrifice.

Réception § 03

Le succès mondial de cette œuvre jugée hérétique par le pouvoir soviétique vaut à Pasternak le prix Nobel de littérature en 1958, déclenchant une violente campagne de dénonciation qui le contraint à refuser la distinction ; le roman reste interdit en URSS jusqu'à la fin des années 1980.

Pourquoi il compte encore § 04

Le roman demeure un témoignage littéraire majeur sur la révolution russe vécue de l'intérieur, sa défense de la liberté intime de l'individu face aux mythes collectifs de l'idéologie continuant de résonner comme l'un des gestes les plus courageux de la littérature du XXe siècle face au totalitarisme.