La pièce est en trois actes. Elle met en scène Pontagnac, séducteur qui n'a pas de scrupules, Vatelin, son ami d'autrefois, Lucienne Vatelin, qui lui résiste, et Rédillon, un prétendant plus heureux que Pontagnac. Maggy, ancienne maîtresse de Vatelin à Londres, arrive pour créer de nouvelles complications. La structure est celle d'un engrenage : Pontagnac, qui cherche à prendre Vatelin en flagrant délit d'adultère pour s'attirer les faveurs de Lucienne, provoque une série de situations où il est lui-même piégé. Le deuxième acte, qui se passe à l'hôtel, a été particulièrement salué.
Le Dindon connaît un succès durable : 238 représentations lors de sa création au Palais-Royal. La Comédie-Française l'a inscrit à son répertoire en 1951 et l'a reprise seize fois en vingt ans. Un compte rendu anglais de l'époque la juge irrésistible, tenant la salle dans un rire continu, surtout au deuxième acte. Elle a été adaptée au cinéma en 1913 (Henri Pouctal), en 1951 (Claude Barma), puis en 2019 (Jalil Lespert), et traduite en anglais sous plusieurs titres, dont Sauce for the Goose (1974).
Le Dindon montre un Feydeau plus amer qu'Un fil à la patte : le séducteur y est pris à son propre piège et finit seul. Il y met en scène, sous le masque de la farce, la fragilité des couples bourgeois et la mauvaise foi des hommes qui se croient les maîtres du jeu. La pièce a été reprise sans cesse depuis sa création, et son titre est passé dans la langue courante : être le dindon de la farce, c'est être celui qu'on dupe.