Le roman réunit une ancienne prêtresse oraculaire grecque, jadis choisie pour servir d'intermédiaire entre les hommes et Apollon, et le Juif errant Ahasuerus, condamné à errer éternellement pour avoir insulté le Christ en chemin vers le Golgotha, dont les expériences respectives d'un contact direct avec le divin les ont l'un et l'autre marqués à jamais. Lagerkvist y complète sa trilogie consacrée au rapport tourmenté de l'homme à Dieu, poursuivant à travers ce dialogue entre deux figures mythologiques et bibliques la même quête inlassable de sens qui traverse l'ensemble de son œuvre, sans jamais offrir de réponse définitive aux questions éternelles qu'il soulève.
Le roman est accueilli comme l'aboutissement cohérent de la trilogie religieuse de Lagerkvist, confirmant après le prix Nobel la constance de sa réflexion sur le rapport de l'homme au sacré, thème central de toute son œuvre depuis ses débuts.
Le roman demeure important pour comprendre l'ensemble de la trilogie religieuse de Lagerkvist, sa méditation sur le contact humain avec le divin continuant d'être étudiée comme l'aboutissement le plus mûr de sa réflexion existentielle et spirituelle.