Le roman se déroule sur la colline de Sion, en Meurthe-et-Moselle, ancien haut lieu de pèlerinage à la Vierge. Les trois frères Baillard tentent d'y rétablir un culte. Léopold rencontre Vintras, hérésiarque excommunié, et le sanctuaire est transformé en bastion de sa secte. Rejetée par l'Église et privée de fidèles, la communauté se disperse, puis un prêtre orthodoxe envoyé par l'évêque de Nancy réconcilie Léopold avec l'Église et lui administre les derniers sacrements.
Le récit mêle fiction historique et méditation de l'auteur sur les « lieux inspirés ». Barrès refuse de trancher entre l'esprit libre et l'orthodoxie : le livre se clôt sur l'image d'une chapelle et d'une prairie, toutes deux nécessaires.
La Colline inspirée paraît en 1913, à la veille de la guerre, et est souvent considéré comme le meilleur roman de Barrès. Le livre figure en 1950 parmi les ouvrages retenus pour le Grand Prix des meilleurs romans du demi-siècle. Des lecteurs y voient moins un roman de thèse que le récit d'une tension, que Barrès laisse ouverte, entre l'institution religieuse et l'élan mystique : le dénouement ne donne tort ni à l'Église ni à ceux qui s'en sont écartés. Le livre a ainsi été lu aussi bien comme un hommage à la tradition que comme une méditation sur ses limites.
En 1983, un téléfilm, Les Chardons de la colline, est tiré du livre pour FR3.
La Colline inspirée est souvent jugé plus durable que d'autres romans de Barrès : moins daté que Les Déracinés, moins dépendant de la polémique, il pose une question que chaque époque rencontre, celle du rapport entre l'institution et l'inspiration. Il est aussi l'un des grands romans de la Lorraine, et un livre où l'écrivain parvient à faire d'un paysage une présence. Ses phrases sont parmi les plus belles de leur auteur, et le livre reste la meilleure entrée dans son œuvre pour un lecteur qui préfère le récit à la doctrine.