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FICHE N° 0510 — LITT. FRANÇAISE — ROMAN, ESSAI — XXe S.

Maurice Barrès

1862 – 1923 · France · Langue française
Écrivain et homme politique français — auteur des Déracinés, figure du nationalisme littéraire.
Pourquoi le lire — Né à Charmes, dans les Vosges, en 1862 et mort à Neuilly-sur-Seine en 1923, Maurice Barrès est à la fois écrivain et homme politique. Il s'impose dès 1888 avec le Culte du moi, trilogie d'un jeune égotiste, puis devient, après l'affaire Dreyfus, le principal porte-voix littéraire du nationalisme français, autour de la formule « la terre et les morts ». Sa prose lyrique et ciselée reste indissociable de ses engagements, que l'on lit aujourd'hui avec le recul de l'historien. Les Déracinés et La Colline inspirée sont ses romans les plus représentatifs.

Biographie § 01 — le parcours

  • Naissance et milieu Né le 19 août 1862 à Charmes (Vosges) ; à dix ans, il est mis en pension au collège de La Malgrange, près de Nancy, où il se lie avec Stanislas de Guaita.
  • Formation Poursuit ses études au lycée de Nancy, puis étudie le droit à l'université de Nancy (licence en décembre 1883) ; il s'installe à Paris en 1883 et commence à publier des articles littéraires.
  • 1888–1891 — le Culte du moi Sous l'œil des barbares (1888), Un homme libre (1889) et Le Jardin de Bérénice (1891) forment la trilogie qui le rend célèbre auprès d'une jeunesse en quête d'un maître.
  • 1889 — député Élu à vingt-sept ans député boulangiste de Nancy.
  • 1894 — Du sang, de la volupté et de la mort Recueil d'impressions de voyage et de méditations, nourri de ses séjours en Espagne et en Italie.
  • 1897–1902 — le Roman de l'énergie nationale Trilogie formée des Déracinés (1897), de L'Appel au soldat (1900) et de Leurs figures (1902), qui l'impose comme romancier du nationalisme.
  • L'affaire Dreyfus Antidreyfusard, il tient à cette occasion des propos antisémites, qu'on ne peut séparer de son nationalisme : une part de sa postérité en reste marquée.
  • 1906 Élu à l'Académie française le 25 janvier ; député de Paris (1er arrondissement), il le restera jusqu'à sa mort.
  • 1910–1914 — les églises Mène une campagne pour la sauvegarde des églises de France (La Grande Pitié des églises de France, 1914) ; La Colline inspirée paraît en 1913.
  • 1914–1924 — la guerre Défenseur de l'Union sacrée, il publie ses chroniques de guerre dans L'Âme française et la guerre (1915–1920) et Chronique de la Grande Guerre (1920–1924) ; Les Diverses Familles spirituelles de la France paraît en 1917, Un jardin sur l'Oronte en 1922.
  • Mort Meurt le 4 décembre 1923 à Neuilly-sur-Seine, d'une congestion pulmonaire ; il est inhumé à Charmes, selon son vœu.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Du sang, de la volupté et de la mort (1894) — Recueil de 1894 né de voyages en Espagne et en Italie : impressions, méditations et portraits où Barrès cultive la sensation et la mélancolie, avant son engagement politique.
Les Déracinés (1897) — Sept lycéens de Nancy, formés par un professeur de philosophie dévoué à la République, montent à Paris : le roman raconte comment ils s'y perdent ou s'y font une place.
La Colline inspirée (1913) — Sur la colline de Sion, en Lorraine, trois prêtres cherchent à ranimer un lieu de pèlerinage ; l'un d'eux rejoint une secte hérétique, et le roman oppose l'esprit libre à l'ordre de l'Église.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Barrès a donné au nationalisme français sa forme littéraire : le culte de la terre et des morts, l'attachement à la province, la méfiance envers un enseignement universaliste jugé abstrait. Après le Culte du moi, centré sur l'individu, il fait passer le roman de la conscience du jeune homme à celle d'une communauté, et lie ainsi sensibilité esthétique et énergie nationale.

Sa portée est double. Littérairement, il a renouvelé l'écriture romanesque par une prose attentive à la sensation et au paysage, et a joué un rôle de maître auprès d'une génération de lecteurs. Politiquement, ses prises de position, de l'affaire Dreyfus à la Grande Guerre, ont fait de lui une figure très discutée ; son œuvre se lit aujourd'hui autant comme un document sur son époque que comme un monument littéraire.

Style § 04 — à quoi s'attendre

La prose de Barrès est lyrique, musicale, volontiers cérémonieuse : phrases ciselées, notations de paysage, méditations qui mêlent la sensation et la pensée. Les récits de voyage de Du sang, de la volupté et de la mort cultivent la mélancolie et le goût de la mort, tandis que les romans de l'énergie nationale emploient une narration plus ample, avec des personnages représentatifs et des scènes de politique et de mœurs.

Ses livres demandent de la patience, et un recul critique face aux thèses défendues ; ils récompensent par une écriture souvent très belle, fondée sur l'attention aux lieux.

Pour commencer, La Colline inspirée, le plus resserré et le plus romanesque de ses livres, ou Les Déracinés pour comprendre la matière de son nationalisme.

Articles liés § 05