Le texte s'ouvre sur le désespoir de l'auteure, profondément déprimée par la lecture d'une satire misogyne, qui se lamente d'être née femme, avant que trois figures allégoriques envoyées par Dieu, la Raison, la Droiture et la Justice, ne viennent la consoler et l'aider à construire une cité imprenable où les femmes seront à l'abri des calomnies. Cette cité se bâtit pierre par pierre à partir d'exemples de femmes illustres de l'histoire entière, guerrières, artistes, savantes, amoureuses et saintes, dans une argumentation qui aborde sans détour le viol, l'égalité des sexes et l'accès des femmes au savoir, avec une modernité qui surprend encore aujourd'hui.
L'ouvrage circule dès sa parution sous forme de manuscrits enluminés, dont plusieurs exemplaires réalisés par un artiste parisien de renom, surnommé postérieurement le « maître de la Cité des dames », dont deux furent offerts aux ducs de Berry et de Bourgogne, avant que le texte ne connaisse un long oubli suivi d'une redécouverte moderne comme œuvre capitale pour l'histoire des femmes.
L'ouvrage demeure considéré comme le premier grand ouvrage féministe de la littérature occidentale, sa modernité argumentative sur l'égalité des sexes et l'accès des femmes au savoir continuant d'en faire un texte de référence pour l'histoire des femmes et pour la pensée occidentale à l'aube des temps modernes.