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ŒUVRE N° 1235 — ALLÉGORIE — FRANCE — 1405

La Cité des Dames

1405 · Traité allégorique · Christine de Pizan
Le meilleur point d'entrée : son œuvre la plus célèbre, premier grand texte féministe de la littérature occidentale.
Pourquoi la lire — Achevé en 1405 en réponse aux passages misogynes du Roman de la Rose et des Lamentations de Matheolus, ce texte construit une allégorie de cité imprenable où les femmes du passé, guerrières, artistes, savantes et saintes, servent de pierres à un édifice protecteur contre les calomnies dont les femmes sont l'objet.

Contexte d'écriture § 01

  • 1405 Christine de Pizan achève ce texte en réaction à un débat qu'elle avait elle-même contribué à susciter autour d'œuvres comportant des passages misogynes et cyniques, notamment le chapitre de la Vieille dans la seconde partie du Roman de la Rose et les Lamentations de Matheolus, traduites en français par Jehan Le Fèvre.
  • Un modèle italien retourné Christine de Pizan souhaite donner sa propre version du De mulieribus claris, ou Des femmes illustres, de l'écrivain italien Boccace, en l'adaptant à sa propre démarche argumentative et allégorique.

Structure § 02

Le texte s'ouvre sur le désespoir de l'auteure, profondément déprimée par la lecture d'une satire misogyne, qui se lamente d'être née femme, avant que trois figures allégoriques envoyées par Dieu, la Raison, la Droiture et la Justice, ne viennent la consoler et l'aider à construire une cité imprenable où les femmes seront à l'abri des calomnies. Cette cité se bâtit pierre par pierre à partir d'exemples de femmes illustres de l'histoire entière, guerrières, artistes, savantes, amoureuses et saintes, dans une argumentation qui aborde sans détour le viol, l'égalité des sexes et l'accès des femmes au savoir, avec une modernité qui surprend encore aujourd'hui.

Réception § 03

L'ouvrage circule dès sa parution sous forme de manuscrits enluminés, dont plusieurs exemplaires réalisés par un artiste parisien de renom, surnommé postérieurement le « maître de la Cité des dames », dont deux furent offerts aux ducs de Berry et de Bourgogne, avant que le texte ne connaisse un long oubli suivi d'une redécouverte moderne comme œuvre capitale pour l'histoire des femmes.

Pourquoi elle compte encore § 04

L'ouvrage demeure considéré comme le premier grand ouvrage féministe de la littérature occidentale, sa modernité argumentative sur l'égalité des sexes et l'accès des femmes au savoir continuant d'en faire un texte de référence pour l'histoire des femmes et pour la pensée occidentale à l'aube des temps modernes.