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ŒUVRE N° 2059 — ROMAN — SUÈDE — 1879

La Chambre rouge

1879 · Roman · August Strindberg
Un jeune idéaliste, Arvid Falk, découvre la société de Stockholm, ses cafés, ses artistes et ses hypocrisies.
Pourquoi le lire — Arvid Falk, jeune idéaliste, quitte un poste de fonctionnaire pour tenter sa chance comme écrivain et journaliste à Stockholm. Il fréquente une bande de peintres, de sculpteurs et d'écrivains qui se réunit dans la « chambre rouge » d'un restaurant, et découvre une société où les institutions, la presse, la charité et l'Église sont autant de façades. Premier grand roman de Strindberg, La Chambre rouge est une satire sociale et un roman d'apprentissage, qui passe pour l'un des premiers romans modernes de la littérature suédoise.

Contexte d'écriture § 01

  • 1874–1882 Strindberg travaille à la Bibliothèque royale de Stockholm ; c'est durant cette période qu'il écrit le roman.
  • Années 1870 Il a exercé plusieurs métiers, dont celui de journaliste, et connaît bien les milieux artistiques de la capitale.
  • 1879 Publication de Röda rummet (La Chambre rouge), sous-titré « Scènes de la vie des artistes et des écrivains ».
  • 1884 Strindberg doit rendre des comptes à la justice pour Mariés ; la satire sociale reste l'un de ses registres.

Structure § 02

Le roman est conduit à la troisième personne, autour d'Arvid Falk. Il comprend des tableaux successifs plutôt qu'une intrigue serrée : les bureaux de l'administration, le Parlement, la presse, les écoles, les institutions de charité, les cafés et les ateliers. Falk y rencontre des figures de la bohème : Sellén, le peintre, Olle Montanus, le sculpteur, Struve, le radical. À chaque étape, l'idéal du héros se heurte à l'hypocrisie ambiante. Le ton alterne entre ironie mordante, comédie et mélancolie. La « chambre rouge » donne son titre au livre, parce qu'elle est le lieu où les amis se retrouvent, loin des conventions.

Réception § 03

Le roman, publié en 1879, suscite un fort retentissement : la satire des institutions suédoises et de personnalités reconnaissables choque une partie du public et vaut à l'auteur à la fois une célébrité et des hostilités. Il est aujourd'hui considéré comme le premier grand roman moderne de langue suédoise, et l'un des textes qui fondent la réputation de Strindberg. Il est régulièrement réédité et a été traduit dans de nombreuses langues. Les contemporains y reconnaissaient des institutions et des personnalités réelles, ce qui a nourri la controverse à la parution.

Pourquoi il compte encore § 04

La Chambre rouge reste le meilleur portrait de la Suède des années 1870 par l'un de ses esprits les plus critiques. Le livre est drôle, vif, et par bien des aspects plus accessible que les œuvres ultérieures. On y reconnaît déjà les thèmes de Strindberg : la défiance envers les puissants, la solitude de l'écrivain, le désir de vérité. Il dit aussi combien la littérature scandinave est née d'une critique de la société.