Le texte invente un professeur de philosophie apocryphe, Juan de Mairena, à qui Machado prête des maximes, des réflexions sur la littérature, la pédagogie et la vie espagnole. Machado y déploie une liberté de ton et de pensée que sa propre voix ne s'autorisait pas toujours, le masque de Mairena lui permettant d'aborder avec un humour souvent grinçant les travers de la société espagnole de son temps, l'éducation, la politique, la religion.
Le texte révèle une facette moins connue de Machado, celle d'un moraliste et d'un critique social, complétant utilement l'image du poète mélancolique de Champs de Castille par celle d'un esprit ironique et engagé dans les débats de son temps.
Le texte demeure précieux pour comprendre la dimension philosophique et sociale de la pensée de Machado, son usage du masque apocryphe continuant d'être étudié comme l'un des dispositifs les plus originaux de la prose espagnole du XXe siècle.